Dans le sillage d’une offensive diplomatique et humanitaire marquée à N’Djamena, la coopération tchado-hongroise s’étend désormais au secteur fondamental de la protection sociale. Après l’éducation nationale, c’est au tour du Ministère de la Femme et de la Petite Enfance de sceller un partenariat stratégique avec Budapest. Décryptage d’une audience qui pose les jalons d’un soutien structurel aux tout-petits.
Par la rédaction de tchadpress.info
La dynamique est lancée et elle semble s’inscrire dans la durée. Quelques jours seulement après les échanges fructueux au Ministère de l’Éducation Nationale, la Ministre d’État, Ministre de la Femme et de la Petite Enfance, Mme Kitoko Gata Ngoulou, a reçu en audience une délégation de haut niveau conduite par le Secrétaire d’État aux affaires humanitaires de la Hongrie, accompagné des responsables de l’agence gouvernementale Hungary Helps.
Cette rencontre marque en effet, une étape décisive dans l’élaboration d’un protocole d’accord visant à refondre et soutenir les mécanismes de développement de la Petite Enfance au Tchad.
De l’intention à l’action : cibler les infrastructures et l’éducation
Au cœur des discussions figurait une volonté commune : dépasser les déclarations d’intention pour aboutir à des réalisations tangibles. L’agence Hungary Helps, bras armé de la diplomatie humanitaire hongroise, a exprimé un intérêt vif pour trois axes prioritaires qui constituent le socle du mandat de Mme Kitoko Gata Ngoulou :
- L’amélioration des conditions de vie des enfants vulnérables.
- L’accès à une éducation préscolaire de qualité.
- Le renforcement de la protection juridique et sociale des jeunes enfants.
Les échanges ont permis d’aborder la question cruciale des infrastructures. Le Tchad, qui fait face à une démographie galopante, a un besoin urgent de structures d’accueil adaptées. La partie hongroise s’est montrée disposée à apporter un soutien technique et financier aux programmes existants, s’alignant ainsi sur les besoins réels du terrain plutôt que d’imposer des solutions exogènes.
Une diplomatie hongroise « multisectorielle »
Pour l’observateur averti, cette audience confirme une stratégie claire de la Hongrie au Tchad : celle d’une coopération multisectorielle. En intervenant simultanément sur l’éducation nationale (avec le projet de complexe scolaire dans le Lac-Tchad) et sur la petite enfance, Budapest cherche à couvrir l’intégralité du cycle de développement de l’enfant tchadien, de la crèche jusqu’au secondaire.
Cette approche holistique est saluée par la Ministre d’État, qui voit en ce partenariat une opportunité d’accélérer la mise en œuvre de la vision du Chef de l’État. En effet, la collaboration avec Hungary Helps s’articule directement avec les engagements du Maréchal Mahamat Idriss Deby Itno en faveur de la lutte contre les Violences Basées sur le Genre (VBG) et l’autonomisation des femmes. Dès lors, investir dans la petite enfance, c’est aussi libérer du temps économique pour les mères, créant ainsi un cercle vertueux de développement.
